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Cette série d’articles n’a pas une prétention scientifique, en dépit de l’effort réel de documentation dont elle a été l’occasion. L’ambition est modeste : présenter le logiciel libre à un public non initié, à travers une distribution linux très intéressante, Ubuntu. Je tiens tout de suite à dissiper quelques malentendus qui ne manqueront pas de surgir. 1) Libre ne signifie pas gratuit, et pourtant j’insiste sur le fait que les logiciels libres sont gratuits. Je ne suis pas sans savoir qu’on peut payer pour obtenir des logiciels libres. Certaines distributions linux sont payantes. Il demeure qu’on peut obtenir les mêmes produits sans payer et sans être dans l’illégalité. 2) Je ne parle que de la licence GNU GPL, alors qu’il en existe d’autres (BSD, Creative Commons, etc.) Je donnerai suffisament de liens et d’indications bibliographiques pour que ceux qui le désirent puissent compléter leur documentation. Encore une fois j’essaie d’être clair et simple, et d’aller à l’essentiel. 3)Le monde du logiciel libre n’est pas une île paradisiaque peuplée de petits saints et coupée du monde capitaliste. Pour preuve, le sort du créateur de la société Mandrake. Mais l’informatique libre propose un modèle de coopération entre les personnes et de développement économique qui rompt avec ce à quoi nous sommes habitués. C’est en cela qu’il est intéressant et qu’il mérite d’être considéré. Cependant les hommes restent les hommes, avec leurs luttes de prestige et leur appétit de pouvoir. Tout cela ne déconsidère pas l’ensemble du projet. 4) Je souhaite que ces articles soient l’occasion de débats. On pourra donc dans le forum approfondir et débattre des points qui font problèmes.


Ouvrages et sources documentaires avec lesquels j’ai préparé cette série d’articles
Livres

Le hold-up plénétaire, la face cachée de Microsoft, Roberto di Cosmo, Dominique Nora, Calman-Levy 1998

L’imposture informatique, François de Closets, Bruno Lussato, Fayard, 2000

La bataille du logiciel libre, dix clés pour comprendre, Perline, Thierry Noisette, La Découverte, 2004

Sources Web :

LeTemps.ch : Mark Shuttleworth, le créatif qui défie Bill Gates

LeMondeInformatique.fr : Entretien Mark ShuttleWorth par Christophe Bardy.

Framasoft.fr : Eloge de la simplicité, par Tristan Nitot

Wikipedia : Nombreux articles sur le logiciel libre en général et Ubuntu en particulier.

Ubuntu-fr : le site de la communauté francophone Ubuntu.



Vers la fin du monopole Microsoft ?
Ubuntu, un linux pour tous (1/5)
Partie 1 : Ubuntu dans le monde du logiciel libre
par bombix
(source: http://www.agitateur.org/spip.php?article791)

La dernière version d’Ubuntu vient de sortir. Ubuntu ? Kesako ? Ubuntu est une distribution Linux. Les pingouins, vous savez ! Pour faire fonctionner votre ordinateur, vous avez besoin d’un système d’exploitation, autrement dit d’un logiciel qui fait « tourner » les autres logiciels. Jusqu’au début des années 2000, vous n’aviez le choix, en micro-informatique personnelle, qu’entre deux produits : celui proposé par Microsoft (la série des Windows) et celui proposé par Apple (Mac OS). Et si vous optiez pour un PC (Personal Computer, type de micro ordinateur fabriqué par la société IBM en 1980, d’où le nom de « compatible PC », aujourd’hui plus de 90% du parc micro-informatique ) vous n’aviez le choix qu’entre Microsoft et ... Microsoft ! Heureusement, dès de début des années 90, un système alternatif voyait le jour dans le monde PC qui remettait en cause le monopole de la société de Bill Gates. On l’appelle improprement Linux. Mais il était relativement compliqué et, hélas, réservé à des spécialistes ou à des professionnels. Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Depuis peu, des « distributions » voient le jour, destinées au grand public. Nous vous présentons l’une d’elle, sans doute la meilleure et la plus aisée d’emploi, Ubuntu, à l’occasion de la sortie de sa dernière version. Mais auparavant, petit détour pour présenter Linux et les logiciels libres.



Au début des années 90, un jeune surdoué adapte une variante d’Unix (un système d’exploitation qui vient de l’informatique industrielle) pour le PC. Il est finlandais, s’appelle Linus Torvalds et donne à son programme le nom de linux, soit son prénom augmenté du X de Unix. Linus est surdoué, mais c’est aussi un original qui a des idées. Il sait que, quels que soient ses talents, il ne parviendra pas seul à vaincre la citadelle Microsoft. Il dispose d’un atout : la soif d’argent n’est pas le premier moteur de son activité, la motivation essentielle de son existence. Dans le petit monde fermé des développeurs de haut niveau, la première satisfaction vient de la reconnaissance des pairs. Il faut se représenter cette « tribu » comme une sorte d’aristocratie (au sens étymologique du terme, du grec oi aristoi, les meilleurs) du génie logiciel : leurs satisfactions sont d’ordre intellectuel et, à la limite, esthétique [1]. Pour Bill Gates, un bon programme est celui qui lui permet d’empocher beaucoup de dollars. Pour les gens comme Linus, un bon programme est un programme élégant, et donc pérenne, stable et de surcroît efficace. Deux logiques s’affrontent. David parviendra-t-il à terrasser Goliath ? Quinze ans après les premiers balbutiements de Linux, on peut presque affirmer que oui.

C’est que Linus-David a rencontré dans sa quête un allié de taille, qui ferraille contre la logique mercantile de Microsoft depuis les premiers succès de Bill-Goliath. Il s’appelle Richard Stallman. La légende dit qu’à la fin des années 70, travaillant au M.I.T. [2], il décida - parce qu’on lui avait refusé l’accès aux sources du programme qui faisait fonctionner son imprimante - de réécrire lui-même ce programme, et d’inventer aussi une licence spécifique qui protégerait les créations logicielles. Les développeurs (= les programmeurs) pouvaient dès lors en toute quiétude laisser accessibles les sources de leur travail. Pour comprendre ceci, il faut entrer un peu dans les détails techniques. Un ordinateur est une machine complexe qui exécute des programmes, c’est à dire des instructions codées sous forme de longues séries de O et de 1. Un langage de programmation est une médiation symbolique entre la machine et l’homme, qui permet, à partir d’un « vocabulaire » et d’une « syntaxe » de donner des instructions à la machine sous une forme compréhensible en à qui connaît ce langage. Une fois le programme écrit et testé, on le « compile », c’est à dire qu’on le traduit afin que l’ordinateur l’exécute plus rapidement. Il prend alors la forme d’un « langage machine » incompréhensible, sauf pour la machine (si le terme comprendre a encore un sens dans ce contexte). Lorsque vous utilisez une application (par exemple un traitement de textes) vous utilisez un ou une série de programmes compilés. Il existe quelque part les sources de ces programmes, les instructions compréhensibles par les développeurs qui l’ont mis au point. Les programmes sont dits propriétaires si ces sources sont soigneusement cachées et les programmes protégés par copyright. Les programmes sont dits libres si les sources sont publiques mais protégés de toute confiscation frauduleuse.

Ainsi, Richard Stallman met au point la licence GNU GPL et invente le logiciel libre. Cette licence est complexe, on peut en retenir quatre principes fondamentaux :

Libre signifie liberté d’exécution.

Libre signifie liberté d’examen : chacun peut, s’il en a les capacités, examiner la source du programme (software) qui fait fonctionner sa machine (hardware).

Libre signifie liberté de reproduction. C’est l’aspect que l’on retient le plus souvent, car dès lors, le logiciel libre est également gratuit.

Enfin libre signifie liberté de modification du programme, pour l’améliorer.

Cette dernière liberté est sans doute, avec le principe de la liberté d’examen (liberté 2), l’innovation la plus intéressante de la licence GNU GPL. En effet, elle permet de substituer un modèle de développement communautaire arborescent ( ou rhizomique pour reprendre à Gilles Deleuze son image du rhizome, plus horizontale que l’image de l’arbre) au modèle pyramidal hiérarchisé du développement des logiciels propriétaires proposé par les grands trusts américains. Car nos aristocrates du software sont aussi des démocrates dans leurs pratiques d’élaboration et de distribution des savoirs et des techniques. De fait, la notion de logiciel libre déborde largement le cadre strict du développement d’une technologie particulière. Elle a des implications sociétales. Dans un monde hiérarchisé et vertical où tout s’achète et tout se vend, elle laisse entrevoir qu’une activité humaine peut s’organiser à l’horizontale et en dehors des lois de l’univers marchand [3]. Et il ne s’agit pas d’une utopie : chaque jour qui passe marque les progrès du logiciel libre sur le logiciel propriétaire, pour des causes tout à fait rationnelles sur lesquels nous reviendrons plus loin. Or ce qui est absolument vrai pour l’informatique professionnelle (la très grande majorité des serveurs web par exemple tournent avec des applications linux, pour leurs qualités techniques, et pas uniquement parce qu’ils sont gratuits) le devient pour l’informatique personnelle, grâce à des projets comme Ubuntu.

Mais poursuivons notre histoire de linux : Linus Torvald avait inventé un OS (acronyme d’Operating System, terme anglais pour désigner les systèmes d’exploitations des ordinateurs) révolutionnaire, concurrent de MS DOS (acronyme de MicroSoft Disc Operating System) et Windows. Il décida de dévoiler les sources de son travail et de placer Linux sous licence GNU GPL. Cela permit à la communauté des développeurs libres de s’emparer du projet et de le faire évoluer. Cela permit aussi aux multiples projets en voie d’élaboration sous licence GNU d’adopter un système d’exploitation, libre également. On s’achemina patiemment vers ce que nous connaissons aujourd’hui, à savoir des systèmes complets, qui comportent à la fois le système d’exploitation de la machine, et des applications spécifiques (par exemple des logiciels de bureautique, de traitement d’images, du son etc.)

On parle donc improprement de Linux. La désignation exacte est « distribution GNU/Linux ». Lorsque vous installez un Linux sur une machine, vous installez un système d’exploitation (équivalent donc à Microsoft Windows) mais aussi toute une série de logiciels, qui vous permettent de travailler immédiatement. Par exemple, je suis en train d’écrire cet article avec Abiword, un logiciel de traitement de textes développé pour Gnome, une interface graphique livrée avec la distribution GNU/Linux Ubuntu « Dapper Drake ». J’expliquerai ces noms barbares plus loin, dans une autre partie de cet article. Tout est gratuit, car je bénéficie du travail d’une communauté de développeurs qui ne tirent pas bénéfice directement de leur participation au projet GNU/Linux.

Or jusqu’à présent, le hic (il en faut bien un !) était la relative complexité de mise en oeuvre de Linux pour les particuliers. Il fallait des dispositions techniques et du goût pour l’informatique pure pour s’attaquer à Linux et changer d’univers. Linux fonctionnait, bien, très bien même, mais il était rebutant et difficile. Pour preuve, en 1998 (ce n’est pas si vieux, même si huit ans en informatique équivalent à une ère géologique !) Roberto Di Cosmo, informaticien et professeur à l’Ecole Normale Supérieure lance un pavé retentissant dans la mare en signant un bouquin [4] qui dénonce les manoeuvres monopolistiques de Microsoft et la médiocrité de ses produits. Il met en évidence un paradoxe : un mauvais produit a permis à un homme d’affaire génial en son genre et peu scrupuleux de monter l’une des plus grandes fortunes au monde. La colère du savant explose parce qu’en dépit de ce qu’il sait de Microsoft, il est obligé, comme vous, ( comme moi il y a encore quelques mois) de l’utiliser. Certains documents arrivent dans son labo qui ne sont lisibles que sur un PC équipé de Windows ! Or Microsoft n’est pas seulement l’empereur de l’industrie micro-informatique propriétaire, il influence également les constructeurs de machines (les assembleurs, petits comme le boutiquier du coin de la rue ou géants comme Dell) et les distributeurs, par le système des ventes liées. Enfin il tente de contourner les standards industriels (qui sont en droit ouverts et conviennent à tous, et donc aussi à la concurrence) pour imposer les siens (qui sont en fait fermés, pour asseoir son monopole). Très logiquement, Bill Gates s’attaque à la planète internet en plein essor dès 1995 en intégrant à son OS le navigateur Internet Explorer.

Cette fois, la loi antitrust le condamne ... mais ne le démantèle pas ! Il peut continuer son offensive. À l’aube des années 2000, il n’est guère de PC dans le monde qui ne s’allume sans l’aide d’un Windows 95, 98, 98 seconde édition, Millenium, NT, 2000, XP familial, XP pro et j’en passe ... La médiocrité est toujours là, les écrans bleus et « les erreurs fatales » également. Elle se décline en mille et une versions qui n’obéissent qu’à des nécessités de marketing. Pourtant Di Cosmo, à cette époque, déconseillait encore aux particuliers d’installer Linux. Sa préférence allait, en dépit de sa défense des logiciels libres, vers le Mac d’Apple, qui fonctionnait cependant avec des logiciels propriétaires. Mais le Mac était de meilleure qualité et surtout, facile à aborder et à utiliser pour les néophytes.

Alors, Linux et les logiciels libres pour le particulier, un truc compliqué de bidouilleurs libertaires qui jouent les originaux sur leurs étranges machines ? Une exception sympathique mais vouée à l’oubli parce que trop ésotérique ?

Ce n’est heureusement plus vrai aujourd’hui, et Monsieur Di Cosmo, s’il réécrivait son livre, pourrait conseiller à son lecteur d’installer une distribution Linux sur son PC pour adopter un système de qualité gratuit, simple, complet, et libre.


[1] Le plaisir esthétique étant celui que l’on ressent pour la beauté d’une chose, en dehors de son utilité, il ne se limite pas à l’amateur d’art, mais concerne aussi par exemple l’amateur de vieilles voitures, le randonneur de haute montagne, le mathématicien, et pourquoi pas l’informaticien. Cette liste naturellement n’est pas limitative. L’attitude esthétique concerne tous les hommes. Anatole France dit que le petit chien de Monsieur Pouget ne regardait jamais le ciel bleu, qui ne lui rappelait rien de comestible.

[2] Massachusetts Institute of Technology

[3] Les anthropologues, Marcel Mauss le premier, ont montré l’importance du don dans les échanges humains. En dernière analyse, même si le don n’est pas gratuit (puisqu’il appelle un contre-don), le don reste un mode fondamental de nos relations en ce qu’il apporte la confirmation que ce qui fonde de nombreux échanges parmi les hommes, c’est moins l’intérêt et les avantages matériels égoïstes, que la reconnaissance.

[4] Le hold-up planétaire : la face cachée de Microsoft




Vers la fin du monopole Microsoft ?
Ubuntu, un linux pour tous (2/5)
Partie 2 : Ubuntu, une distribution GNU/Linux
samedi 18 novembre 2006 à 14:53, par bombix

La micro-informatique a connu un développement gigantesque en une vingtaine d’années. Elle a permis à un trust, Microsoft, de bâtir un empire en fondant un monopole qui oblige tout utilisateur à lui payer une « taxe » dès l’instant où il s’équipe d’un micro de type PC. Fort heureusement, il existe une solution alternative, Linux, qui obéit à des principes très différents. Linux est libre, donc gratuit (mais ce n’est pas la définition de libre). Il n’est plus destiné aux spécialistes. Des distributions grand public existent, et parmi elles, l’une est remarquable par sa qualité et sa simplicité d’emploi, Ubuntu. Mais au fait, qu’est-ce que c’est une distribution Linux ?



La supériorité technologique des systèmes basés sur linux n’est un secret pour aucun professionnel. Mais il ne suffit pas d’être bon dans son domaine pour réussir immédiatement. Car l’ordinateur n’est pas une machine comme les autres. Une télévision, un grille pain, une tondeuse à gazon sont des objets techniques finalisés dans leur emploi. Vous ne grillerez pas le pain avec la tondeuse à gazon, et vous ne ferez pas le ménage avec votre télévision. En revanche, vous pouvez très bien vous servir de votre ordinateur comme d’une machine à écrire perfectionnée, ou comme un ban de montage vidéo. Alors qu’il vous fallait auparavant deux machines distinctes pour réaliser deux tâches distinctes, on voit s’élaborer progressivement une machine universelle (dans le traitement de l’information) qui est potentiellement capable d’exécuter des tâches très diverses. Beaucoup d’adolescents ont désormais dans leur chambre un PC, qui leur sert à jouer, communiquer, à écouter de la musique, à regarder des vidéos, et parfois même à se documenter pour leurs études.

Cette polyvalence de l’ordinateur est très séduisante. Mais elle a une contrepartie : l’utilisateur doit intervenir pour adapter la machine à son usage. On pourrait imaginer des machines prêtes à l’emploi pour un usage particulier. Cela a été fait d’ailleurs, mais à chaque fois, ce fut un échec, à l’exception notable des jeux vidéos. On s’oriente plutôt, à l’inverse, vers des machines originellement dédiées (comme un lecteur de DVD ou un décodeur TNT) sur lesquelles l’utilisateur peut intervenir pour effectuer des mises à jour (en téléchargeant un petit programme qu’on appelle un firmware et qui commande le fonctionnement et les possibilités de l’appareil).

Un ordinateur est donc une machine qui n’est finalisée ni dans son emploi, ni même dans le temps ! Elle nécessite une maintenance et une administration continue. Quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, utilisateur d’un ordinateur, je dois me transformer un tout petit peu en « informaticien » : je dois connaître les principes d’organisation de mes fichiers sur mon disque, savoir installer et désinstaller un programme, faire la mise à jour d’un logiciel etc.

La révolution micro a ainsi poussé un très grand nombre de personnes à se faire violence pour apprendre les rudiments techniques nécessaires pour faire fonctionner, plus ou moins bien, un ordinateur par ailleurs souvent très imparfait. Cela a coûté en argent, en temps et en énergie d’apprentissage. Le tout, sur une période très courte, puisque c’est finalement l’explosion d’internet qui a transformé le PC en objet industriel de masse. Après tant d’efforts, il faudrait donc tout oublier et tout réapprendre ?

Une grosse part des efforts de Microsoft s’est tournée rapidement vers la mise en place d’outils qui simplifiraient la vie des utilisateurs. Une interface graphique, qui représente des fichiers par des icônes, des répertoires par des dossiers etc. n’aide nullement l’ordinateur à fonctionner. Elle aide le quidam à utiliser sa machine. Si comme moi, vous avez débuté en micro-informatique il y a vingt ans, vous savez que tout utilisateur de micro-ordinateur devait en passer par l’apprentissage des commandes essentielles du système d’exploitation sous « prompt », c’est à dire un écran noir et vide avec en haut à gauche un petit curseur qui clignote. La moindre opération sur la machine nécessitait une ligne de commandes. La moindre faute de frappe renvoyait un message d’erreur. On recommençait en se grattant la tête et en se demandant pourquoi on ne pouvait pas copier ce fichu fichier. A l’époque, la documentation livrée avec l’appareil pesait plus lourd que la machine elle-même ! Internet n’existait pas, la presse spécialisée non plus. On se débrouillait comme on pouvait, on était aux temps héroïques des pionniers.

Cette époque n’appelle nulle nostalgie. Microsoft, avec Windows, a simplifié l’usage du micro-ordinateur et l’a fait progresser. Unifiés et mieux organisés, les logiciels sont devenus plus simples à installer et à utiliser. Sous MS DOS toujours, chaque programme devait avoir son pilote pour faire fonctionner son périphérique. Sous Windows, le pilote d’un périphérique (une imprimante par exemple) est installé une fois pour toutes, et quelque soit le logiciel utilisé (traitement de textes, tableur, ou autres), c’est ce pilote qui sera sollicité. Les différentes séries de Windows n’ont fait que pousser chaque fois un peu plus loin cette intégration en prenant également en compte les progrès des composants « hardware ».

Mais ces progrès ont leur revers. La simplicité d’accès se paye par une opacité sur le fonctionnement.

On pourrait juger que ce n’est pas grave. Mais d’abord, il arrive qu’il soit nécessaire de reprendre la main sur des procédures automatisées (par exemple si une installation s’est mal passée, ou pour la personnaliser), ensuite et surtout, on doit pouvoir en droit savoir exactement ce que font ces étranges machines à qui l’on confie notre précieuse information. On retrouve une vieille loi des univers techniques : plus une médiation technique est facile et puissante, et plus je suis tributaire du spécialiste. Plus je consens à faire des efforts pour comprendre « comment ça marche », et plus je gagne en autonomie. Entre l’ingénieur et le béotien, se dessine la figure du bricoleur, qui en informatique s’appelle le bidouilleur. Il se débrouille comme il peut avec ce qu’il sait. Sa formation est essentiellement pratique et empirique. Il donne parfois de mauvais conseils parce qu’il a de mauvaises représentations, mais il soulage souvent ses voisins et ses copains qui « bloquent » dans des situations désespérées que le bidouilleur lui, maîtrise, parce qu’il a déjà perdu du temps sur un problème similaire, sur sa machine ou sur celle des autres.

Quoi qu’il en soit, on se représente bien, après ce qui vient d’être rappelé, que le monde Linux, dans la première partie de son développement, s’est situé à l’opposé des efforts de Microsoft. Microsoft voulait vendre à la masse, Linux s’adressait à des « geeks » [1], souvent universitaires (et scientifiques de surcroît) dans les débuts de l’aventure. Microsoft visait la simplification, la réussite immédiate (souvent apparente), et la rentabilité ; Linux tendait ses efforts vers la qualité, la robustesse et la stabilité.

Mais cela se payait par une forme d’ésotérisme, et, on peut même le soupçonner, un ésotérisme un rien encouragé. Le sentiment d’appartenir au monde des happy few, un peu mystérieux, avec son vocabulaire, ses valeurs propres, ses héros mêmes, n’est sans doute pas étranger à l’attraction de linux sur certains utilisateurs : il n’est jamais désagréable de croire faire partie d’une confrérie d’initiés.

Si l’informatique n’avait concerné que le monde professionnel, il est probable que la galaxie Linux n’aurait jamais consenti les efforts qu’elle a déployés pour se rendre accessible aux non spécialistes, et aujourd’hui aux néophytes eux-mêmes. Mais dans une société comme la nôtre, innervée par les systèmes automatisés du traitement de l’information, qui ont pénétré en profondeur dans le quotidien des gens, une prise de conscience s’est opérée de la nécessité d’adapter ce système alternatif pour le rendre accessible au plus grand nombre. Un livre comme celui de Di Cosmo en témoigne.

Aujourd’hui d’ailleurs, parmi les distributions Linux (nous allons bientôt expliquer ce mot) on sent nettement un partage entre les projets qui ont une vocation professionnelle (par exemple Red Hat ou Suse) et celles qui ont une vocation grand public (Fedora Core, Mandriva, Ubuntu). Ce qui est très intéressant, c’est que, parce qu’elles sont constituées des mêmes éléments de base, les distributions à destination du grand public ne sont pas de moins bonne qualité que les distributions à destination des professionnels. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui expliquent la probable victoire de Linux sur Windows.

Pour comprendre comment Linux a franchi les étapes, il faut éclairer maintenant quelque peu le concept de distribution. Tentons une comparaison avec une automobile. Un ordinateur est une machine complexe. Il faut se représenter que dans un ordinateur, une grande quantité de processus sont en jeu, même pour réaliser l’acte le plus simple : par exemple faire apparaître un mot sur l’écran, l’envoyer sur internet, ou l’imprimer. Certains de ces processus sont apparents (démarrer votre traitement de textes ou votre client de messagerie, mettre en forme votre texte etc.) parce que vous avez décidé de leurs exécutions. Mais la plupart demeurent cachés. Ce que vous connaissez de votre ordinateur n’est donc qu’un simple tableau de bord. N’apparaît que ce qui est nécessaire au pilote. Derrière le tableau de bord, il y a le véhicule lui-même, avec sa carcasse, ses suspensions, son moteur etc. Dans les systèmes Windows, vous n’accédez pas au moteur qui est scellé, vous ne choisissez pas la carrosserie, et vous avez le choix entre deux ou trois couleurs. L’avantage : vous n’avez pas à (trop) connaître la mécanique pour faire démarrer le véhicule et l’utiliser. L’inconvénient : vous payez très cher votre véhicule, non seulement à l’achat, mais également pour pouvoir l’utiliser (coût des logiciels). Le moteur n’est pas de très bonne qualité et tombe quelquefois en panne (bugs). Vous devez souvent en changer, et donc repayer, mais les pannes persistent. Enfin les routes ne sont pas sûres (virus).

Avec Linux, une fois la voiture achetée (le matériel) vous pouvez l’utiliser gratuitement. Le moteur est solide. Vous pouvez choisir la carrosserie, regarder sous le capot si ça vous chante. L’inconvénient était que jusqu’à présent, on vous fournissait la voiture en kit. Pour être automobiliste, il fallait être aussi mécano, sellier-carrossier, et de temps en temps usiner ses propres pignons pour améliorer sa boîte de vitesse. Pas très pratique, et puis d’abord tout le monde n’a pas le goût ou le temps de faire ça. Une distribution comme Ubuntu vous propose la voiture montée et prête à l’emploi.

Mais laissons les métaphores automobiles, et prenons une autre image pour se représenter le fonctionnement logiciel d’un micro-ordinateur. Représentons le comme un fruit. Il est d’abord composé d’un noyau (le kernel), c’est le coeur du système. Pour Windows, il s’appelle kernel32, pour Linux, kernel tout court. Vient ensuite la pulpe organisée en strates successives : ce sont les systèmes logiciels qui font la transition entre les événements qui ont lieu au coeur de la machine, et leur manifestation au niveau des périphériques (unité de stockage, écran, imprimante etc.) Ils ont un rôle essentiel dans l’organisation du système, et dans la manière dont celui-ci va interagir avec l’utilisateur. On y trouve en particulier, à un niveau intermédiaire, le très important serveur X, qui gère l’interaction homme/machine par l’intermédiaire de l’écran, du clavier et de la souris. Sous Windows, cette strate logicielle est l’affaire d’Explorer (à ne pas confondre avec Internet Explorer)

Sous Linux, première différence importante, elle est confiée à plusieurs logiciels combinés. Du côté interne (tourné vers le noyau), on trouve Xfree86 ou X.Org, du côté externe (tourné vers l’utilisateur) ou trouve deux interfaces graphiques proprement dites, appelée aussi environnements : KDE et Gnome [2]. Enfin, dernière strate, la plus externe, l’application proprement dite (traitement de textes etc.), qui a été développée pour un environnement particulier, Gnome ou KDE. On ne retrouve pas ces distinctions dans le monde Windows. Chaque version de Windows est unifiée. Il n’y a à choisir ni le serveur X, ni l’environnement. Vous utilisez un logiciel qui tourne sous Windows 98, 2000, XP etc. sans plus de précisions.

Sous Linux au contraire, votre système est configuré avec tel serveur X (X.Org par exemple) pour tel environnement (Gnome par exemple). Même problème pour la gestion du son, où il existe plusieurs systèmes différents (et concurrents), avec leurs avantages et leurs inconvénients.

L’organisation de linux est très modulaire, ses composants très divers. C’est la conséquence de son mode d’élaboration (décentralisé, par projets, dans une structure horizontale et qui s’auto-organise). Il en résulte une très grande liberté de choix pour l’utilisateur. Mais aussi une grande complexité de mise en oeuvre.

Qu’est-ce alors qu’une distribution ? Une distribution est une mise en forme, opérée à partir d’un choix, d’une série de logiciels, depuis le noyau du système jusqu’aux applicatifs, et de telle sorte qu’ils puissent être installés et utilisés sur une machine. Une distribution, c’est le fruit prêt à être consommé. Selon les distributions, on a - ou pas - encore du travail avant de passer à table (par exemple pour simplement installer un programme, ou se connecter à internet, ou faire fonctionner son imprimante etc.) Dans une distribution comme Ubuntu, on s’efforce de diminuer au maximum les efforts de l’utilisateur afin qu’il puisse parvenir le plus rapidement possible à l’essentiel : l’utilisation de l’outil. On a donc les avantages de Windows, sans les inconvénients. Car l’utilisateur n’a perdu en route aucun des avantages de Linux. La transparence demeure totale, il peut continuer à piloter sa machine en ligne de commande s’il le veut (et en a parfois l’intérêt, pour gagner du temps), il n’a pas de problèmes de compatibilité ascendante, l’organisation des fichiers est sécurisée etc. Bref, pour une fois, il a le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Alors, pourquoi se priver ?

Un projet comme Ubuntu est donc l’aboutissement d’un effort pour adapter les outils élaborés dans le monde linux à un usage qui soit facile pour l’utilisateur. On verra que, par les choix judicieux qui ont été fait par l’équipe d’Ubuntu, un important tournant a été accompli et que Linux pour le grand public est désormais entré dans l’âge de la maturité.



[1] Mot anglais signifiant mordu, particulièrement parmi les passionnés d’informatique

[2] Je cite les deux principales pour simplifier mon propos, mais il en existe d’autres.




Vers la fin du monopole Microsoft ?
Ubuntu, un linux pour tous (3/5)
Partie 3 : Ubuntu, simplicité et liberté d’utilisation
lundi 4 décembre 2006 à 18:30, par bombix

Une petite image vaut souvent mieux qu’un grand discours. Je vous propose de découvrir quelques logiciels qui tournent sous Ubuntu, avec comme illustrations quelques copies d’écran. C’est un tout petit échantillon de la logithèque linux qui comporte plusieurs milliers de logiciels ! Mais auparavant, retour sur les causes du succès d’Ubuntu, à partir d’un interview du responsable de Mozilla Europe. Publiée sur Framasoft, cette interview est titrée "Eloge de la simplicité". Tout un programme en effet.



Quelles sont les causes du succès d’Ubuntu ? Tristant Nitot, responsable de Mozilla Europe, dans une interview lisible icirépond :

« J’ai essayé la distribution Linux à la mode, à savoir Ubuntu Linux (en). Il faut savoir qu’avant, j’ai testé successivement Mandrake 10.0, Fedora Core 2, Mandrake 10.1 Community puis Mandrake 10.1 Official. J’ai eu mon lot de soucis avec les quatre. Une partie de mes problèmes est venue du fait que j’ai passé l’essentiel de ma carrière d’utilisateur sous Windows. Et changer de système d’exploitation, surtout pour un utilisateur avancé, ça n’est pas rien. (L’autre partie est venue du fait que j’ai des soucis de matériel avec mon portable, qui donne de graves signes de fatigue, ce qui m’a poussé à changer de machine quelques temps). »

La première chose donc qui est notée, c’est la difficulté de changer de système quand on est habitué à un autre système. Mais :

« Et dernièrement, j’ai piqué un coup de sang et j’ai écouté l’ami Olivier (fr) et je suis donc passé à Ubuntu Linux (en). Ces petits gars-là ont tout compris. Un téléchargement de moins de 600 Mo, ça devient rare (surtout par rapport aux 6 CD de ma Mandrake Official !), une intégration des différents composants qui est un vrai bonheur, et tous les logiciels dont j’ai besoin. Firefox est le navigateur par défaut, et même si c’est Evolution le client de messagerie, un p’tit coup de apt-get install mozilla-thunderbird vous arrange tout ça en deux coups de cuillère à pot. »

Le parti pris d’Ubuntu, c’est de faire simple et complet. Un tout petit cd à télécharger, une installation, et ensuite on aménage sa distribution selon ses besoins. Au passage, on n’est pas obligé de passer par apt-get. Le gestionnaire Synaptic fait très bien l’installation de Thunderbird en mode graphique !

Et Nitot de poursuivre : « Par rapport à la Fedora Core, le système est simple, mais mieux fini. Par rapport à la Mandrake (et malgré tout le bien que je pense de cette distribution), on sent que chez Ubuntu, on est parti d’une page blanche, celle des besoins actuels des utilisateurs débutants, là ou Mandrake semble vouloir sans cesse rajouter des fonctionnalités sans enlever les précédentes, pour ne pas frustrer les utilisateurs historiques. C’est un grand classique en informatique, et c’est ce qui nous vaut cette mauvaise blague d’informaticien : Vous savez pourquoi Dieu a pu faire le monde en 6 jours ? Parce qu’il n’y avait pas de reprise de l’existant. »

La clé du secret est donc là. Utiliser les expériences passées, mais reprendre les choses à zéro pour ne pas être gêné par l’existant. Avec en ligne de mire, l’utilisateur débutant. Linux s’adressait au « geeks », il doit s’adresser maintenant à Monsieur-tout-le-monde. Ubuntu n’est pas parfait, mais il a le mérite d’exister. Et pour les problèmes qui restent à résoudre, une dynamique de développement entraîne la sortie d’une nouvelle version tous les six mois. Une chose à noter encore, qui n’est pas soulignée dans l’interview, c’est, concernant les nouveautés, la souplesse pratiquée par rapport aux injonctions rigoristes du monde Debian. Ubuntu n’hésite pas à intégrer de nouvelles versions de logiciels, même si elles n’ont pas fait toutes leurs preuves au niveau de leur stabilité. On est donc en face d’un savant dosage entre les exigences du monde linux et les attentes du public. Au vu du succès, pas de doute que la recette fonctionne.

Essayons d’en donner un aperçu en images.

Le bureauEpuré, et même spartiate ! On peut égayer cela, rassurez-vous !Le bureau (mon bureau en fait ;-) )Pas de papier peint, un fond noir, bref seulement l’indispensable. Remarquer en haut à gauche les trois menus Applications, Raccourcis, Système. Les icônes qui permettent d’accès direct aux applications, le petit utilitaire pour verifier l’état de sa boîte mail, le réglage du volume, la date et l’heure. En bas à droite, à côté de la poubelle, les quatre bureaux virtuels, originalité linux. Vous pouvez ouvrir plusieurs applications dans chacun des bureaux et naviguer aisément d’un bureau à l’autre. Très pratique lorsqu’on travaille avec plusieurs applications.

NautilusNautilus, l’explorateur de fichiers, contient une fonction gravure, simple et fonctionnelle.Nautilus, c’est l’explorateur de fichiers sous Gnome. Simplicité, efficacité. En fonction graveur, il suffit de glisser des fichiers ou des répertoires dans la fenêtre de gravure, puis de lancer la gravure après avoir inséré un support vierge. La fenêtre de gauche permet la navigation sur les différents disques. Repérez la partition windows en bas, accessible seulement en lecture car les systèmes de fichiers Linux (ext3) et Windows (ntfs) ne sont pas complètement compatibles à ce jour.

Le navigateur EpiphanyEh non, ce n’est pas Firefox ! Firefox est installé en standard avec Ubuntu Dapper, mais je lui préfère Epiphany, le navigateur de Gnome, parce qu’il est léger, rapide et parce qu’il a des fonctionalités intelligentes. Vous remarquerez la parfaite similitude avec Nautilus. Pas besoin d’un apprentissage nouveau à chaque logiciel. Les principes de base et l’environnement sont identiques : on peut se concentrer sur l’essentiel, chercher de l’information ou travailler.

Beep Media PlayerEcouter de la musique avec Beep Media Player. C’est l’équivalent de Winamp ou RealOne sous windows, la pub en moins. Les "skins" winamp sont directement adaptables. Ici, le skin Sardonic. Et bien sûr, tous les formats sont accessibles.

Listen, un jukebox intelligentVoilà typiquement le genre de projet linux que j’aime bien. Listen est un lecteur de musique, qui examine vos fichiers sur votre disque, les organise en listes de lecture. Pas bête, il va chercher la pochette de l’album sur le net, et si vous lui demandez, interroge Wikipedia. Bourré d’imagination et de ressources, c’est un projet en plein développement avec encore des imperfections, mais qui promet. Et toujours sans pub !

Le "Littré"Une heureuse initiative des Editions Garnier, la réédition électronique du fameux dictionnaire de Littré. En version windows et ... linux. Si les éditeurs s’y mettent, tous les espoirs sont permis. Encore un petit peu de bidouille pour l’installation, mais les copains d’Ubuntu-fr sont là pour vous aider, et tout se passe bien si vous suivez les indications.

Gimp, un éditeur d’imagesUn grand classique de linux : l’éditeur d’images GIMP. Aussi puissant que Photoshop, il permet de travailler vos images et d’exprimer votre créativité. Pour apprendre à maîtriser ce logiciel hyper-complet, une adresse : la Gimp Attitude

Mplayer, ou quand Linux fait son cinémaIl existe de nombreux logiciels pour lire des fichiers video sous linux. Mplayer se caractérise par sa simplicité d’emploi et sa polyvalence. Il peut lire de nombreux formats. Sous forme de plugin, il peut également lire des vidéos en streaming sur le net, y compris celles encodées avec des formats propriétaires.

Le traitement de textes AbiwordAbiword est un traitement de textes puissant et simple d’emploi. Il est capable d’exporter en de multiples formats, dont le fameux LaTeX, la rolls des traitements de textes. Les utilisateurs de Word ne seront pas trop dépaysés. On retrouve les barres d’outils pour la mise en forme du texte, l’inclusion d’images, la mise en retrait etc. Abiword fonctionne aussi avec des feuilles de style pour permettre un formatage facile et régulier du texte. Abiword ou comment rester simple et efficace, en restant économe en ressources.

Le tableur GnumericJ’ai un faible pour les applications bureautiques de l’environnement Gnome. Je n’ai jamais été convaincu par OpenOffice.Org qui, à mon sens, imite MsOffice mais sans l’égaler. Alors pourquoi ne pas rester simple ? Gnumeric est l’équivalent d’Excel sous environnement Gnome. Un tableur donc, avec les fonctions essentielles, qui convient à la plupart des gens.

Gthumb, pour organiser et visionner des imagesGThumb vous permet d’organiser vos images, de constituer des albums photos, de faire des diaporamas. Il est multiformat. Vous pouvez organiser vos images en catégories, albums, les copiers, les dupliquer. Un moteur de recherche vous aide à retrouver des fichiers égarés. Encore une fois, la simplicité et la sobriété de Gnome font merveille.

phpMyAdminUn petit utilitaire bien pratique pour les "spipeurs" ou autres amateurs de CMS, ou encore les développeurs qui taquinent le php, Xampp est un couteau suisse du genre d’EasyPhP sous windows qui vous permet d’installer un serveur web en local pour tester vos sites web dynamiques avant de les mettre en ligne. L’installation est hyper simple encore une fois, et on peut travailler très vite. La page de Ubuntu-fr pour apprendre à installer et utiliser cet utilitaire.

Catalogue médiathèqueUne application java sous linux, le catalogue de la médiathèque de Bourges. Les éditeurs de logiciels propriétaires ne fournissent pas toujours les efforts pour produire des équivalents corrects pour linux. Le client java de Sun n’est pas parfait. La qualité de l’affichage souffre de polices de caractères peu adaptées.




Vers la fin du monopole Microsoft ?
Ubuntu, un linux pour tous (4/5)
Partie 4 : Installer Ubuntu
vendredi 22 décembre 2006 à 08:08, par bombix

Vous êtes convaincu de l’intérêt de linux. Vous êtes tenté par Ubuntu. Mais vous ne savez pas comment faire. Avant de reprendre des considérations plus générales sur le phénomène logiciel libre, cet article vous donne quelques indications d’ordre pratique pour envisager une migration réussie.



L’Agitateur n’étant pas une revue technique, je ne vais pas approfondir les problèmes d’une installation d’Ubuntu. L’excellent site de la communauté francophone des utilisateurs d’Ubuntu, Ubuntu-fr vous donnera toutes précisions utiles si vous décidez de vous lancer. Mon ambition ici est seulement de balayer l’ensemble des problèmes qui se posent à tout candidat à la migration vers Linux/Ubuntu, et les moyens de les résoudre. J’envisagerai également les quelques problèmes qui demeurent irrésolus.

Pour installer Ubuntu [1] sur votre machine, vous avez plusieurs solutions.

La première solution consiste à acheter une machine chez un assembleur [2], et de lui demander de vous installer Linux/Ubuntu. C’est la solution que je recommande si vous n’avez aucune disposition technique et que l’informatique vous rebute.

L’autre solution consiste à l’installer vous-même. Vous devrez accepter de perdre un peu de temps, mais vous gagnerez la satisfaction de vous en être sorti seul et d’avoir gagné votre autonomie au prix de vos efforts. De plus, les choses ne sont pas si compliquées. Voici donc les étapes à suivre.

La première étape va consister à vous procurer un cd d’installation. Vous pouvez soit le commander, soit le faire vous-même. Si vous avez une connexion adsl, vous téléchargez une image ISO sur un site miroir, par exemple ici puis à l’aide de votre logiciel de gravure, vous créez un cdrom à partir de cette image. Attention à bien choisir la bonne image ISO (pour un PC à base de processeur Intel ou Amd, configuré comme station de travail, choisir PC (Intel x86) desktop CD)

Seconde étape, vous vous assurez que votre machine est compatible avec linux. Comment ? C’est tout bête. Le CD que vous avez gravé est un live-cd, c’est à dire qu’il est capable d’initialiser votre machine pour la faire tourner sous linux. La seule condition, c’est que votre machine soit réglée de telle sorte que dans l’ordre des séquences d’initialisation (séquences boot) le lecteur de cdrom soit placé avant le disque dur. Pour accéder à ces réglages, il faut entrer dans le SETUP de la machine, au tout début de son allumage. La plupart du temps en appuyant sur la touche DEL du PC. Pour plus d’informations, reportez vous à la documentation de votre machine ou renseignez-vous auprès de l’assembleur du coin de la rue.

Si votre lecteur cdrom est correctement réglé, en rallumant la machine, le PC va s’initialiser en lançant Linux/Ubuntu. Au bout de quelques instants, vous allez vous retrouver devant le bureau d’Ubuntu. Vous pouvez d’ores et déjà tester les applications. Si tout s’affiche, si les fenêtres s’ouvrent et se ferment (essayez plusieurs logiciels pour voir) votre matériel est compatible linux.

Troisième étape : installation sur le disque dur. Vous ne pouvez pas travailler avec le live-cd. D’une part les accès sont trop lents, et vous allez vous énerver, d’autre part vous ne pouvez pas affiner votre installation, et donc vous ne pourrez pas profiter vraiment de votre linux. L’étape d’installation sur le disque est donc indispensable.

Et là, on rencontre le premier gros problème. La plupart du temps, les utilisateurs veulent conserver un accès à windows. Ce n’est pas impossible. Il faut savoir en effet qu’il est possible d’installer deux systèmes d’exploitation sur une machine. Cela s’appelle faire une installation en dual-boot. Mais, (il y a un mais) windows n’a pas prévu cette possibilité. Comment s’en sortir ?

Quatrième étape : il vous faut donc réinstaller windows. Cela implique que vous fassiez une sauvegarde de vos données. Il faut ensuite relancer une installation de windows à partir du cd d’origine (si vous l’avez, car il n’est pas rare qu’il ne soit plus fourni désormais). La procédure d’installation est automatique, mais il faut que vous interveniez au début pour effacer les partitions existantes sur le disque. Vous devrez ensuite en recréer une de taille suffisante pour que windows puisse s’installer et fonctionner, mais pas trop importante non plus pour que linux puisse s’installer lui aussi. Pour un disque de 80 Go, 40 Go affecté à windows et 40 Go affecté à linux sont des valeurs acceptables. Ne descendez pas en dessous de 10 Go ni pour windows, ni pour linux, car vous risquez d’avoir des problèmes de fonctionnement. Terminez l’installation de windows. N’oubliez pas les patchs, les antivirus, les pilotes de périphériques etc. Si vous inspectez les propriétés de votre disque dur, il doit vous annoncer la valeur que vous avez affectée à la partition windows. Le reste du disque est libre pour accueillir linux.

Cinquième étape : En placant le live-cd de Linux/Ubuntu, initialisez votre machine jusqu’à l’apparition du bureau. Une petite icône d’installation y est visible. Cliquez dessus pour lancer l’installation définitive de votre nouveau système d’exploitation sur votre PC. Répondez aux quelques questions de bon sens (clavier français etc.) Ubuntu va détecter un autre système d’exploitation sur la machine et vous proposer de le conserver. Répondez oui. Il va installer un utilitaire qui vous permettra de choisir au démarrage de la machine Ubuntu ou windows. Acceptez les valeurs qu’on vous propose lors du partitionnement du disque. Quelques instants plus tard, vous serez sous Linux/Ubuntu. Quittez linux (Système —> Quitter) La machine se relance et vous propose un menu avec comme option windows ou linux/Ubuntu.

Naturellement, si vous souhaitez quittez windows définitivement, passez à la cinquième étape directement, en négligeant la réinstallation de windows (quatrième étape).

Quels sont les problèmes à régler après cette installation de base ?

Vous pourrez le constater, l’installation d’Ubuntu est plus rapide que celle de windows. La détection des périphériques est plus efficace. Les vieux matériels (écrans, scanners, imprimantes) en particulier sont très bien reconnus.

Les problèmes que vous allez rencontrer maintenant ne sont pas dûs à linux, mais à la cohabitation des logiciels libres et des logiciels propriétaires.

Explications : pour des raisons légales, Ubuntu ne peut pas diffuser des logiciels qui sont sous copyright. Or, mis à part le système d’exploitation lui-même, et tel applicatif particulier (traitement de textes etc.) il y une quantité de petits programmes ou petits bouts de programmes qui font tourner correctement votre machine. Souvent, vous aurez le choix entre le même programme en version libre et en version propriétaire. Les ayatollahs du libre vous conseilleront de n’installer que des logiciels libres. Ce n’est pas toujours possible, et pas toujours souhaitable. Il faut juger au cas par cas.
Dans le cas du pilote d’un périphérique ou d’un matériel (une carte graphique par exemple) on peut supposer que le fabricant a écrit un logiciel performant et adapté à son matériel, bien qu’il demeure sous copyright. De plus, s’il a fait l’effort de proposer une version linux, il me semble qu’il faut encourager cette démarche.
Parfois, c’est le format lui-même qui est protégé. C’est le cas du mp3. Il existe d’excellents formats de compression du son en libre (ogg par exemple) mais pour lire les mp3 des autres, ou pour partager des fichiers, comment faire autrement ? De même, comment lire les animations flash sur le web sans le lecteur de Macromedia ? Dans des cas comme ceux-là, on est bien obligé d’en passer par des solutions propriétaires.
Parfois en revanche, les produits libres existants ne nécessitent pas l’installation de leurs concurrents propriétaires. Pour lire ou transformer des documents au format PDF par exemple, inutile d’installer la version propriétaire d’Acrobat Reader. Les outils libres fonctionnent parfaitement.
Enfin, cela dépendra parfois des goûts de chacun. Par exemple, on peut lire les fichiers Real Audio à partir du lecteur propriétaire écrit pour linux, ou à partir de logiciels comme mplayer ou vlc qui sont étudiés pour lire quantités de formats audio et vidéo. A chacun de voir.

Installation du réseau et accès à internet.

Si vous avez une liaison adsl à travers une « box » (freebox, livebox, neufbox et autre machinbox) qui est fonctionnelle sous windows, le passage à linux est on ne peut plus simple. Utilisez la prise réseau de votre box (prise Ethernet) et reliez-là à la carte réseau de votre pc. Si votre « box » est en DHCP (affectation automatique de l’adresse IP du PC, le réglage le plus courant) votre accès à internet est immédiat après le redémarrage de la machine. Magique non ?

Installation des logiciels.

Gestionnaire de paquets synapticOn attaque vraiment les choses sérieuses qui justifient une migration vers Linux et vers cette merveilleuse distribution qu’est Ubuntu. Ubuntu est un fork [3] de Debian. Parmi les nombreuses distributions Linux, Debian est l’une des plus respectée, pour le sérieux de sa mise en oeuvre, et pour sa très grande exigence en terme de qualité et de stabilité des logiciels proposés. De plus Debian propose un gestionnaire de paquets [4] , soit un logiciel qui vous permet de télécharger à distance des logiciels, et de procéder à leur installation automatique. Que rêver de mieux ? Ubuntu reprend ce principe. Vous avez téléchargé un petit cdrom pour installer linux sur votre machine. Maintenant, grâce à internet et au gestionnaire de paquets synaptic, vous aller pouvoir télécharger sur le net les applications dont vous avez besoin. A noter que pour ce faire, vous avez trois méthodes. Soit utiliser l’option Ajouter/Enlever du menu Applications : c’est la méthode la plus simple et la plus limitée, le nombre de logiciels étant restreint. Soit utiliser le gestionnaire Synaptic, via son moteur de recherches intégré, soit enfin utiliser en ligne de commandes l’instruction apt-get. Comme toujours sous Linux, vous avez plusieurs méthodes concurrentes pour obtenir un même résultat. L’usage de ces méthodes dépend de votre niveau technique et de vos besoins. Vous pouvez ainsi évoluer dans votre appréhension du système, depuis le niveau néophyte complet, jusqu’à celui d’utilisateur averti voire chevronné.

Les logiciels sous Ubuntu.

Sous Ubuntu, même le néophyte peut commencer à travailler presque immédiatement. Immense avantage de linux : pour une même tâche, vous aurez souvent le choix entre plusieurs logiciels. Je vous conseille d’utiliser le logiciel qui correspond à vos besoins. Personnellement, en bureautique, je ne suis pas un fan de la suite OpenOffice.Org. Je trouve ce genre de logiciel « usine à gaz » lourd et peu pratique. Il existe pour l’environnement Gnome un « petit » traitement de texte (Abiword) et un « petit » tableur (Gnuméric) qui couvrent 99% des besoins des utilisateurs courants (dont je fais partie)

Gnome ou KDE ?

Ça dépend des goûts, et donc c’est éminemment subjectif. Personnellement, je préfère Gnome dont j’aime la « philosophie » : simplicité, sobriété, robustesse. KDE à l’évidence s’inspire des derniers windows. C’est un choix. A noter le très grand effort de KDE pour intégrer les logiciels dans un environnement unifié. On propose sous KDE des outils clés en main et puissants. L’esthétique est plus tape à l’oeil. C’est à chacun de voir selon ses goûts, je le répète. Il s’agit de toutes façons de deux environnements de très bonne qualité.

Si vous voulez utiliser KDE, il vous faut télécharger Kubuntu. La version Ubuntu classique propose un environnement Gnome.

Quels sont les problèmes non résolus ?

Il y en a de moins en moins. La plupart des formats courants windows sont lus directement, en particulier ceux de la suite bureautique Microsoft Office. Vous pourrez donc lire et échanger vos fichiers sans problème. Idem pour les images, les fichiers sons, les vidéos etc. (sauf bien sûr les formats propriétaires exclusifs, du genre Quicktime ou WMA : là il faut quelques acrobaties d’installation pour s’en sortir). En bonne logique, créateurs de documents, diffusez un standard universel : par exemple, pour les traitements de textes, le format rtf.

Vous aurez des problèmes qui viendront non pas de linux mais de windows, quand vous essaierez de visiter des sites internet qui ne sont pas aux normes. C’est aux utilisateurs de faire pression pour que les webmasters s’adaptent aux standards et non pas aux diktats imposés par microsoft dans sa volonté monopolistique. Par exemple, il est scandaleux que le webmaster de Radio-France propose pour le portail de France-Culture une interface en flash (format propriétaire) qui utilise des polices de caractères sous copyright Microsoft ! Il y a du travail à cet égard, et déjà dans la prise de conscience des décideurs et responsables de la diffusion de contenus.

Vous ne pourrez pas beaucoup jouer. Désolé. Ne vous consolez pas en achetant une console microsoft quand même !

Vous ne pourrez pas utiliser des logiciels particuliers qui n’existent que sous windows. Par exemple l’Encyclopédie Universalis. Essayez de vous en passer, ou lorgnez du côté de la concurrence. A noter par exemple la très louable initiative des éditions Garnier qui proposent une version du dictionnaire Littré sous windows et sous linux. Vu la richesse du net, le recours à des cdroms de documentation est de moins en moins indispensable. On peut aussi imaginer que le succès de linux aidant, les éditeurs proposeront de plus en plus de versions linux de leurs produits.

Certaines rares applications sous linux demeurent de mauvaise qualité. Par exemple, je n’ai pas encore pu trouver un logiciel d’OCR (reconnaissance automatique de caractères) qui fonctionne correctement et qui concurrence l’équivalent sous windows. Je ne désespère pas.

Je voulais signaler honnêtement ces problèmes, qui me semblent minimes et en rien insurmontables. Car si l’on compare maintenant les qualités des deux systèmes en terme de coûts, de transparence, de fiabilité et de sécurité (très très peu de virus sous linux, moins d’une centaine, et très peu répandus), les atouts de linux sont écrasants.

Quelques liens pour finir.

Sur Unbuntu-fr

Après l’installation d’Ubuntu, principales interventions.

Comment se débrouiller avec les formats propriétaires. Adapter son système pour lire des mp3, des DVD protégés, regarder les annonces de films sur AlloCiné, écouter Radio-France etc.

Un petit utilitaire bien sympathique : Easy Ubuntu qui fait l’essentiel de toutes ces manoeuvres pour vous.

Equivalence des logiciels sous windows et sous linux (quoi fait quoi ?)

Documentation complète à l’usage des débutants, au format PDF.


[1] Installer Ubuntu ? Est-ce qu’on installe Windows quand on est un utilisateur de Windows ? Non. Pas à l’achat du moins. Voici donc le premier problème repéré : lorsque vous achetez une machine, elle vous est livrée d’office avec Windows pré-installé. C’est ce qu’on appelle le phénomène des ventes liées. Pourtant, selon la loi, personne ne peut vous contraindre à acheter un produit qui accompagne un autre produit. Un ordinateur et son système d’exploitation étant deux produits distincts, on devrait vous proposer un ordinateur, avec ou sans système d’exploitation, avec ou sans Windows, avec ou sans linux. Mais on vous vend le PC, et on vous vend Windows avec, en laissant entendre que c’est obligatoire. Vous pouvez essayer - certains y sont parvenus - de faire désinstaller le windows préinstallé, et demander une réduction du prix de la machine au vendeur. Il vous faudra du courage et de la ténacité.

[2] Commercant spécialisé dans l’assemblage et la vente de PC montés pièces à pièces. Un quartier de Paris, vers la rue Montgallet, est spécialisé dans ce genre de commerce. Dans les villes de province, ils sont presque aussi courants que les quincaillers autrefois. En faisant appel à eux, vous encouragerez le commerce de proximité, vous choisirez du matériel fiable et adapté à vos besoins, votre système d’exploitation, et vous bénéficierez de conseils éclairés.

[3] Un fork est la reprise d’un projet ou d’un programme en en reprenant ce qui est intéressant, et en corrigeant les défauts qui peuvent être l’esthétique, la simplicité de prise en main, etc. Le fork est possible dans le monde du logiciel libre car la licence d’un programme autorise sa reprise pour amélioration. La supériorité d’Ubuntu sur Debian est sa simplicité de prise en main. Mais la supériorité de Debian demeure : d’abord parce que Debian est la source, et ensuite parce que Debian est beaucoup plus complet. A cet égard, on emploie le terme fork pour Ubuntu d’une manière un peu abusive. Exemple de vrai fork : le lecteur mp3 Beep Media Player est un fork de Xmms dont l’interface est désormais dépassée et les possibilités d’évolution limitées

[4] Les programmes sous linux sont appelés paquets, car ils fonctionnent la plupart du temps en séries imbriquées et sous dépendance logique les uns des autres. Des informaticiens éclairés façonnent ses paquets, pour qu’ils soient installables par les utilisateurs au cours d’une procédure automatisée.





Vers la fin du monopole Microsoft ?
Ubuntu, un linux pour tous (5/5)
Partie 5 : la génèse et l’avenir d’Ubuntu
lundi 15 janvier 2007 à 16:18, par bombix

Edgy Eft (le triton énervé) est la cinquième version d’Ubuntu, qui propose une nouvelle version tous les six mois. Sortie en 2004, cette distribution s’est imposée immédiatement par la simplicité de sa prise en main et la qualité de sa finition. Elle n’est pas née du hasard : elle concentre toute l’expérience des précédentes tentatives de présenter un linux homogène et facile d’emploi. Mais elle doit beaucoup aussi à son initiateur, un jeune homme entreprenant à qui tout réussit, et qui pour une fois n’est pas né sur la côte ouest des US. Retour donc sur un personnage hors du commun, Mark Shuttleworth : l’occasion aussi d’essayer de comprendre comment peut fonctionner le monde du logiciel libre.



Il est né en 1973. À moins de trente ans, il était déjà millionnaire, et s’était payé un petit voyage dans l’espace. Informaticien doué, astronaute, homme d’affaire intuitif, beau gosse il est ce genre de personnage insolent à qui tout réussit. Pas par hasard. Notre homme est énergique. Il déclare : « Tous les jours lorsque je fais mon jogging, j’arrête pour reprendre mon souffle et je pense « Merde, si je ralentis, est-ce que ce sera plus facile ? ». Mais en réalité, si j’étais plus lent, je voudrais courir plus loin ou être plus rapide tout en suant et soufflant de toutes façons ! Je pense que nous sommes ici pour nous pousser nous-mêmes à fond dans une voie ou dans une autre et pour explorer des idées ou des activités qui nous intéressent. [...] Avec Ubuntu, il est encore trop tôt pour dire si c’est un succès. Mon objectif personnel est de faire une distrubution soutenable par une équipe qui se gère elle-même et qui vise à produire le meilleur environnement de bureau libre de la planète sans mon intervention ! »

Mark ShuttleworthMark est né en Afrique du sud. Il a commencé comme programmeur dans le projet Debian dans les années 1990. Puis il crée une société spécialisée dans la sécurité sur internet, Thawte. Il la revend en 1999 à VeriSign et devient millionnaire. Après ce coup retentissant, il décide de réaliser un rêve, se payer un voyage dans l’espace, ce qu’il réalise pour la modique somme de vingt millions de dollars ! En 2004, il retourne au projet GNU/Linux en fondant Canonical, une société qui développe Ubuntu une distribution linux basée sur Debian. Nouvelle réussite. Il dit avec humour : « Ubuntu [1] , c’est selon moi, un linux pour êtres humains ». Tout est dit. L’être humain n’étant pas forcément par nature un technicien, et encore moins un informaticien, il faut lui proposer des produits simples et faciles à utiliser. Bill Gates l’avait compris. L’originalité de Mark Shuttleworth c’est qu’il axe son projet sur un produit gratuit. Comment cela peut-il fonctionner ? « La courbe des prix des logiciels tombera à zéro d’ici 2 ou 3 ans - déclare-t-il ; je me concentre donc sur la manière la plus efficace de produire et de distribuer ce produit gratuitement avant que tout le monde ne s’y mette [...] Microsoft est une entreprise, mais elle va devoir s’adapter. »

Il n’est donc pas nécessairement philanthrope Mark Shuttleworth ! Pour l’heure, sa société emploie une soixantaine de personnes. Il y investit dix millions de dollars par an. Comment compte-t-il récupérer son investissement ? L’idée est la suivante : les logiciels libres existent, ils sont de meilleure qualité que les logiciels propriétaires, il s’agit simplement de travailler à les rendre accessibles. De plus, le prix du logiciel propriétaire va chuter, par une loi économique nécessaire. Si on veut s’en sortir dans ce domaine, il faut trouver un autre modèle de développement. Ce n’est donc pas une économie contre une autre, mais une mutation au sein de la même économie. Anti Bill Gates, il lui ressemble quand même par certains côtés. Bill Gates a compris avant tout le monde, avant IBM surtout, que la richesse en informatique ne viendrait plus du hardware, du matériel, mais du software, des logiciels. Big Blue a monté son empire en vendant d’énormes machines très chères à des industriels. Dans un micro-ordinateur, la part du coût en matériel n’a cessé de chuter, à une vitesse vertigineuse, et c’est le logiciel qui est devenu rentable, très rentable. Mais il fallait croire à cette drôle de machine laide et peu efficace. Si l’on veut une preuve du peu de crédit que les industriels accordait au micro-ordinateur, il faut se rappeler que le premier micro importé en France le fut par ... une société de jouets ! Bill Gates a cru en ce gadget. Gros bosseur, avide d’argent, intuitif, chanceux et peu scrupuleux, il a eu raison contre le géant IBM qui a négligé la nouvelle poule aux oeufs d’or et a pris la course en retard, sans même s’assurer des protections indispensables.

Cette phase est désormais révolue. D’où viendra la richesse désormais ? Des services. C’est pour cette raison que les débats qui resurgissent régulièrement concernant le possible passage à un Ubuntu payant n’ont guère de sens. Mark Shuttleworth l’a annoncé dès le début de son projet : Ubuntu est et restera gratuit. « Software should be available free of charge. » Ce qu’il fera payer, ce avec quoi il veut faire vivre son entreprise (et y a t-il une honte à cela ?) ce sont les services afférents. Là-dessus il est très clair, et c’est même ce qui le distingue d’un certain nombre d’acteurs du libre, comme Red Hat ou Novell-Suse. Dans un très intéressant entretien au Monde informatique, à propos du lancement de sa distribution serveur, il déclarait : « Ce qui veut dire qu’ils [les utilisateurs] ne paieront que pour les services et le support, et encore, s’ils le jugent nécessaire. C’est une approche clairement différente de celle de Red Hat, qui dit à ses clients qu’il leur faut payer une licence par machine en plus des frais de maintenance et de support. Nous croyons réellement qu’il est économiquement viable de ne fournir que des services. Bien sûr, pour réussir, il nous faut une très large base installée. Un argument en notre faveur est la croissance et l’adoption rapide de Linux sur les serveurs. On pense pouvoir délivrer une vraie distribution d’entreprise, mais avec un modèle économique très différent, et surtout bien plus efficace pour les utilisateurs et en particulier pour les entreprises qui déploient déjà 10 000 ou 20 000 serveurs linux. Dans ces environnements, si l’on compare ce qu’Ubuntu a à offrir par rapport à Red Hat ou Suse, nous pensons que la comparaison nous sera favorable. »

Il y a là deux choses très intéressantes à noter : la première c’est que ce qui fera travailler les gens, ce qui va produire de la richesse, c’est le service. On a jamais fini d’intervenir sur un système d’information automatisé, même avec des logiciels fiables (et aucun ne l’est à 100 pour 100) Plus une société sera proche de la source des savoirs théoriques et techniques, plus sa compétence en matière de services sera reconnue. Il n’y a plus ensuite qu’à organiser la manière de distribuer ces services et d’en tirer profit. Il y a évidemment un peu d’hypocrisie à déclarer « s’ils [les utilisateurs] le jugent nécessaire. » S’ils n’ont pas les compétences, ils seront dans l’obligation de faire appel à ceux qui savent. La leçon à tirer, c’est que de grands enjeux ici se nouent autour de la distribution des savoirs. On aura beau donner des outils aux plus pauvres (pensons à la fracture Nord/Sud) si l’on ne donne pas les moyens aux gens de les utiliser, en terme de formation et d’éducation, ils demeureront éternellement en état de sujétion et de domination. Et ici — faut-il le rappeler ? — la formation est de haut niveau.

Le second enseignement, c’est qu’il faut raisonner désormais à l’échelle de la planète. Il n’y aura pas cinquante acteurs qui vont tirer leur épingle de ce jeu là, mais quelques uns. Ceux ou celui qui sera(ont) parti le(s) premier(s). Tout se passe donc comme si, dans le nouveau capitalisme qui se dessine, les profits futurs passaient par un sacrifice temporaire des profits possibles actuellement. Tant il est vrai que le capitalisme nous a habitué, depuis le début de son histoire, à digérer ses contradictions, et à renaître plus fort chaque fois qu’on le croyait en péril.

Alors, est-ce la fin d’un beau rêve ? Peut-être pas. Le jeu reste ouvert, et c’est peut-être l’essentiel. Il n’y a en tous cas pas confiscation.

Les choses se joueront sur le terrain de la formation (et aussi de recherche fondamentale), et c’est là que les efforts doivent être déployés pour un réel partage des richesses communes. Ce n’est pas de la responsabilité des entreprises. C’est un projet politique, au sens noble du terme, et il appartient à tous les citoyens.


[1] « "Ubuntu" est un ancien mot africain qui signifie "humanité aux autres". Ubuntu signifie également "Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous". La distribution Ubuntu Linux apporte l’esprit Ubuntu au monde logiciel. » : définition reprise du site Ubuntu-fr. Le mot commence à avoir un certain succès. Ainsi, l’ex -président des USA Bill Clinton a déclaré récemment : « Society is important because of Ubuntu.[..] [I]t’s a word describing an African worldview, which translates as "I am because you are," and which means that individuals need other people to be fulfilled. »



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Dernière modification le : 25/11/2007 @ 17:46
Catégorie : Linux

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